Caffarelli et la (non) fortune des castrats au Palazzo Majorana

De Andréa Andolfi

Marcher dans la rue Carlo De Cesare, au coeur du quartier de San Ferdinando, on ne peut s'empêcher de tomber sur le majestueux Palais Majorana. Un bâtiment imposant construit dans le lointain 1754, à la demande de Gaetano Majorana, et réalisé par Ferdinando Sanfelice. L'entrée se compose d'un grand portail piperno, flanqué de deux pilastres, avec un somptueux arc en plein cintre.

Notre attention se porte cependant sur un détail en particulier, unInscription latine:

                                                     ''Amphyon Thébas, Ego Domum''

Palazzo majorana

Une expression, destinée à signifier que "si Amphion n'a bâti Thèbes qu'au son de sa lyre, j'ai bâti ce palais avec ma voix".

Qui était Cafarelli ?

Gaetano Majorana, alias "Caffarelli", Au XVIIIe siècle, c'était, en fait, un chanteur de renommée internationale, recherché par les compositeurs les plus illustres de la scène mondiale.

Ce que tout le monde ne sait peut-être pas, et que rapportent au contraire de nombreux chroniqueurs de son époque, dont Jérôme Lalande lui-même, concerne un épisode vraiment singulier ; un moqueur en fait, aurait accroché une pancarte avec un commentaire écrit dessus pour dire le moins âcre:

                                                       "Ille cum, tu sine."

Au sens propre: "Lui avec, toi sans" ; une allusion peu élégante aux attributs masculins d'Amphion, élément manquant à Cafarelli. Oui, parce que l'artiste italien qui a enchanté la scène des théâtres les plus importants d'Europe et d'ailleurs, avait été castré.

Caffarelli
Portrait de Cafarelli

Une décision forte, portée par le musicien Caffaro, qui fut le premier à comprendre les énormes dispositions de chant du jeune Gaetano. Caffaro emmena Majorana (Caffarelli) avec lui, alors qu'il était encore enfant, à Norcia pour la douloureuse opération de castration, puis, à son retour, il l'envoya à Naples, où il confia sa formation aux durs enseignements du maître Nicolas Porpora.

Les débuts ont eu lieu en 1724 pour Rome au théâtre Valle, jouant le rôle d'une femme ; le succès fut immédiat, grâce à la beauté de sa voix, la technique parfaite et la régularité des traits de son visage. En Italie, il a chanté partout, d'abord à Naples au Théâtre San Bartolomeo, et puis al Théâtre San Carlo. A Londres, entre les années 30 et 40, il atteint l'apogée de sa carrière qui le mène à Paris en 1750 avec la cohorte de Louis XV.

Les Castrats, une longue tradition

La castration était une pratique répandue entre 1700 et 1800, en particulier dans le monde de la musique. Selon une estimation, entre 1720 et le 1750 il y avait environ 4000 enfants émasculés par an, des jeunes issus majoritairement de familles pauvres, contraints de vendre leurs enfants à des institutions ecclésiastiques ou à des professeurs de chant, dans l'espoir de faire fortune. Les orphelinats de Rome Et Naples, à propos de ça, elles étaient considérées comme les principales forges de castration. Ces personnages étaient considérés comme des dieux divinité, à tel point que si dans un opéra il n'y avait pas au moins un castrat connu dans un rôle principal, le spectacle était voué à l'échec. Une fois opérés, les garçons étaient accueillis dans des écoles de chant, et soumis à des cours très stricts, axés sur règles strictes; des heures et des heures de pratique du chant, d'entraînement aux trilles et aux passages virtuoses. Une pratique accompagnée de théorie : dictées musicales et cours de littérature. Avec ce régime sévère, les débuts pouvaient également avoir lieu entre quinze et seize ans.

La chance n'a pas embrassé tout le monde

Bien sûr, tout le monde n'a pas pu atteindre la gloire et le succès. Au contraire. La chirurgie de castration était beaucoup dangereux, ainsi que douloureux. Nous avons souvent été témoins de mort prématurée de la jeune victime, pour une dose mortelle d'opium ou plutôt pour une pression excessive sur l'artère du cou pour endormir le patient. Il arrivait aussi que, qui passait l'intervention, ressorte ensuite d'une voix trop fluette, se retrouvant ainsi à chanter dans les chœurs des basiliques et des cathédrales.

le conditions d'hygiène avec lesquels les interventions ont été soutenues inexistant, avec des outils rudimentaires et improvisés ; l'Église considérait l'émasculation un crime à tous égards, donc on a souvent procédé en clandestinité tant dans les magasins de campagne que dans les hôpitaux sous de faux prétextes médicaux. Aucune anesthésie n'a été utilisée, l'opium a été utilisé au mieux, ou la carotide a été comprimée jusqu'à ce que le patient soit étourdi. L'opération impliquait soit l'ablation complète des testicules par une incision, soit le muscle suspenseur du testicule était rompu, provoquant une sorte d'atrophie des testicules.

Concernant les conséquences physiques, orchidectomie n'avait pas la capacité de procréer, la masse musculaire est devenue plus similaire à celle de la femme, c'était là absence totale de barbe et les cheveux masculins, les membres devenaient souvent plus longs que la normale, et on était sujet à une vieillissement prématuré.

Les origines de la castration

Selon diverses sources, la figure des castrats, également appelée "eunuques”, Apparu pour la première fois dans 4ème siècle à Constantinople, où ils ont consolidé leur position pendant plus de huit cents ans. Dans 1204 in seguito all’assedio da parte dei Crociati, la castrazione non fu più praticata. Poi ritornò a Rome quatre cents ans plus tard. Dans 1589, en fait, Pape Sixte V, devant réorganiser le chœur de la basilique Saint-Pierre, il fait appel aux castrats. De cette façon, le manque de voix féminines était également compensé, puisqu'il y avait une interdiction pour les femmes de se produire dans le chant sacré. Dans 1607 même le monde de la musique a commencé à faire usage de ces personnages, qui se sont produits pour la première fois dans leOrphée de Monteverdi, jusqu'à ce qu'il devienne dans le 1680 figures incontournables de la scène, grâce surtout aux succès remportés par des castrats célèbres tels que Ferri, Caffarelli, Farinelli, Senesino.

La castration devient un crime

Caffarelli e la (s)fortuna dei castrati a Palazzo Majorana

Il faudra attendre les années '70 du XVIII siècle voir une fin à ça sanglant quelle dangereuse tradition. Dans 1878, alors, le pape interdit définitivement l'usage des émasculés dans chœurs ecclésiastiques.

Le dernier chanteur eunuque à succès était Alessandro Moreschi, surnommé "l'Ange de Rome" ; entre au Chœur de la Chapelle Sixtine en 1883, avant l'éviction officielle des émasculés, en 1902. Son succès dura jusqu'en 1900, date à laquelle elle entama alors un déclin vertigineux, jusqu'à ce qu'elle meure seule et oubliée de tous.

-Andréa Andolfi

En savoir plus:
http://www.treccani.it/enciclopedia/majorano-gaetano-detto-caffarelli_%28Dizionario-Biografico%29/
http://www.handelforever.com/VersaillesSuprema/Castrati%20a%20Versailles/caffarelli_e_farinelli_a_versail.htm
https://www.ventiperquattro.it/2018/06/16/caffarelli-vs-farinelli-il-singolare-duello-musicale-tra-i-grandi-castrati-al-teatro-traetta-di-bitonto/

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